Interview Nadège Raboisson-Goudeau

INTERVIEW NADEGE RABOISSON-GOUDEAU (Joueuse Senior et Educatrice Poitiers 3 Cités Football, 86)

Parmi toutes nos joueuses de Poitiers 3 Cités, Nadège Raboisson-Goudeau serait celle qui mériterait un «Prix Nobel» de chez nous. Femme de caractère bien trempé, Nadège est une joueuse acharnée, inusable, véritable bouclier dans la défense poitevine. Pas que cela, c’est aussi l’éducatrice de bien de jeunes joueuses dont certaines évoluent désormais dans la même équipe que leur maîtresse. C’est à peine qu’elle rivaliserait les plus jeunes, car sur le terrain on ne voit pas la différence d’âge. Nadège Raboisson-Goudeau a emmagasiné l’expérience pour la partager aux autres. Maman du petit Mattéo, elle dément la croyance populaire selon laquelle toute sportive ayant connu la maternité ne pourrait guère se maintenir au top niveau. En fait, tout est dans la tête et la passion du foot habite Nadège. Remarquez aussi que là où est Nadège, Gérard Raboisson l’ex Vice-Président de la section féminine n’est pas loin , tel un paparazi caressant passionnément son appareil photographique. Vous avez compris que celui qui répond également par «Gégé» est le compagnon de Nadège. Nadège est originaire des Deux Sèvres, en cela j’ai au moins un point commun avec elle, pour avoir ma belle famille dans ce pays des bocages. Gégé et moi sommes allés chasser dans les mêmes terres, à chacun son petit bocage. Educatrice de football à Poitiers 3 Cités, il faut regarder Nadège lors d’une séance d’entraînements des U14-U17 féminines pour comprendre son sérieux et l’enthousiasme qui l’anime : un spectacle pédagogique. Elle a aussi fait du spectacle qui ne relève pas du foot. C’est cette joueuse et éducatrice au sourire permanent, au regard perçant de ses yeux caméléons, que j’ai l’honneur d’avoir au cours de cette interview. Poitiers 3 Cités, n’a pas beaucoup de «Nadège» de cette trempe. On a pourtant d’autres répondant à des noms différents, qu’il faut savoir retenir à nous. Ceux qui ne connaissent pas Nadège Raboisson-Goudeau vont découvrir une sportive et une éducatrice dans toute sa splendeur. La pertinence de ses propos va élever la réflexion.


         Coach ya Mboka (Gaspard Ntsika) : Nadège, on se connaît et on se voit si souvent pour parler du foot et de n’importe quoi. Je n’ai jamais su t’attribuer un âge. Tu es née où et quand ?

         Nadège (Nadège Raboisson-Goudeau) : Je suis née le 8 Août 1977 à Thouars.


         Coach ya Mboka  : Donc tu es originaire des Deux-Sèvres. Je connais moi aussi ce pays des bocages et du fromage de chèvre, de par ma belle famille. Mais depuis quand tu résides à Poitiers, ou du moins dans la Vienne ?

         Nadège : Je suis arrivée en 1999 après le bac, pour étudier en Faculté du Sport (STAPS) de l’université de Poitiers.


         Coach ya Mboka  : A quel âge as-tu commencé de pratiquer le foot ? C’était où ?

         Nadège : C’est à l’âge de 6 ans au club de Vrines dans les Deux-Sèvres. J’y ai joué jusqu’à l’âge de 12 ans.


         Coach ya Mboka  : Je suis toujours curieux de savoir comment les petites filles sont captivées par le foot, même si aujourd’hui dans un club de quartier comme Poitiers 3 Cités, cela devient banal. Pour ce qui te concerne, qui t’a incité à faire du foot ?

         Nadège : Mon papa jouait au foot, mon frère également. A la maison on jouait souvent dans la cour. Quand j’allais mercredi avec mon frère, j’étais intéressée par ce sport. Me voyant jouer, le coach du club m’avait incitée de m’inscrire. Mon père voulait, mais pas ma mère qui n’aimait pas le foot pour une fille. En même temps je faisais de la danse. Je garde encore mon tutu et les ballerines sur pointe de la danse. J’ai fait du foot pendant 6 ans avec les garçons. Après 12 ans, je ne devais plus le faire en mixte. Le club féminin le plus proche était si éloigné que personne ne pouvait m’y emmener. Je me suis alors inscrite à d’autres sports (tennis de table et basket).


         Coach ya Mboka  : Entre nous, comment cela se fait que tu joues à Poitiers 3 Cités, et non chez toi à Mignaloux-Beauvoir où il y a une équipe féminine ? Pourquoi ce choix de Poitiers 3 Cités ?

         Nadège : Quand je suis arrivée à Poitiers pour les études en Faculté de Sports, j’ai pas tout de suite fait du foot. Dans l’entreprise où j’ai travaillé en intérim, quelqu’un m’a conseillé d’aller à Fontaine-le Comte. J’y ai joué une saison et le niveau ne me convenait pas. La saison d’après, le coach de Nouaillé en féminines (Jérôme Bouffey) m’a contacté pour faire partie de son effectif et j’ai joué pendant une saison. C’est lui qui, la saison suivante, m’a conduit à Poitiers 3 Cités lorsqu’il a pris en main l’équipe féminine évoluant en D3. Je n’avais pas tant d’affinité avec l’équipe de Mignaloux qui semblait se former à ce moment. Je suis restée à Poitiers 3 Cités puisque le niveau était le plus élevé et je m’y plaisais. 


         Coach ya Mboka  : Depuis que je te vois jouer, tu es toujours au top. Parfois tu me fascines par ton engagement. Quel est ton itinéraire de joueuse ? Dans quels clubs et à quels niveaux as-tu évolué ?

         Nadège : Comme je l’ai déjà dit, dès 6 ans jusqu’à 12 ans j’ai joué à Vrines avec les garçons. Puisque je ne pouvais plus jouer avec les garçons, parce qu’il n’y avait pas d’équipe féminine à Vrines, j’ai arrêté avec le foot. C’est en 2005 à l’âge de 28 ans lors de mon retour à Poitiers que j’ai repris le foot avec Fontaine-le Comte, club qui jouait en district. Après une saison à Fontaine-le Comte, j’ai rejoins le club de Nouaillé en 2006 (un autre club de district). En 2007, j’ai suivi mon coach de l’époque (J. Bouffey) à Poitiers 3 Cités évoluant alors en D3. En raison de la suppression de cette division nationale, Poitiers 3 Cités a évolué en Division d’Honneur. L’équipe a joué les inter-régions pour accéder en D2 pendant la saison 2010-2011. Depuis, je suis restée à Poitiers 3 Cités sous la direction de plusieurs coaches.


         Coach ya Mboka  : Pour réveiller les vieux souvenirs, tu avais été l’une des plus affectées par la disparition du coach Mustapha Dafrouallah. Aujourd’hui que retiendras-tu de son passage à Poitiers 3 Cités, et quel message outre-tombe devrais-tu lui dire là où il repose en paix ?

         Nadège : Je garde de bons souvenirs de lui. Mus nous a apporté sa rigueur. C’est compliqué avec les filles. Mus avait pourtant son principe : il ne voulait pas qu’on parle foot de filles d’un côte et foot de garçons de l’autre. Pour lui il y avait des footballeurs sans distinction de sexe, d’autant qu’ils obéissent tous aux mêmes règles du foot. C’est à partir de ce principe de jeu qu’il menait ses entraînements. Même en étant rigoureux, il avait quand  même des moments où il était cool et blaguait, pour donner de l’humanité au groupe. En tant qu’éducatrice, Mus m’a appris bien de choses et il a étoffé le panel de mes exercices avec les jeunes. Je notais tout ce qu’il faisait. En tant que joueuse, il m’a fait évoluer. C’est bien lui qui m’a appris à dribbler, parce que avant je n’osais pas.


         Coach ya Mboka  : A part d’être joueuse, tu es aussi une éducatrice de foot à Poitiers 3 Cités. De quels diplômes de foot es-tu titulaire ?

         Nadège : C’est en 2008 que j’ai passé l’initiateur 1 (CFF1) ; l’année suivante l’initiateur 2 (CFF2). Puis l’animateur senior en 2010. Actuellement je suis titulaire du BEES (BEF aujourd’hui). Concernant l’encadrement, j’ai d’abord contribué à créer l’EFF (Ecole de Football Féminine) à Poitiers 3 Cités. Puis j’ai été responsable de la section féminine senior à 11 au niveau district pendant deux ans. Dès 2010, je me suis occupée de l’équipe féminine régionale U18 encore pendant 2 ans. Après, j’ai été éducatrice de l’équipe U15 garçons, une expérience inédite pour moi chez les masculins. Aujourd’hui je suis responsable des U14-U17 féminines, un groupe qui s’est renforcé au fil de la saison pour avoir deux équipes dont l’une est suivie par Charlotte Padellec.


         Coach ya Mboka  : On le sait, tu as entraîné les U15 garçons, puis aujourd’hui tu t’occupes des U14-U17 féminines. Quand je te vois entraîner tes jeunes filles, je te trouve méthodique, rangée et même bien carrée. Si tu avais un choix à faire, tu t’occuperais des filles ou des garçons ?

         Nadège : A vrai dire, j’aimerais m’occuper des équipes à 11, parce que j’ai été formée pour cela. Mais il y a une différence de mentalités entre les filles et les garçons qu’il faut tenir compte. J’étais plus rigoureuse avec les garçons parce que j’avais un effectif large. Chez les filles, il faut faire attention parce qu’il y en a pas beaucoup et il faut user des moyens pour les retenir. Comme disait Mus Dafrouallah, il n’y a pas de distinction entre foot de filles et foot de garçons. Mais sincèrement, je préférerais encadrer une équipe de filles à 11, à partir des U19. Il faut comprendre que les notions tactiques diffèrent selon le nombre de joueurs que tu as. C’est pourquoi mon souhait d’éducatrice est d’avoir une équipe féminine à 11.  


         Coach ya Mboka  : J’entends souvent des échos sur toi. C’est que la plupart des U18 garçons que tu as entraînés en U15 te sont reconnaissants. Est-ce qu’il t’arrive d’aller les voir jouer, et qu’en penses-tu de leur prestation actuelle ?

         Nadège : Malheureusement cette année je les ai vus que deux fois. Le calendrier du championnat fait que cela ne m’a pas permis de les voir jouer le plus souvent. Je suis au courant de leur prestation, ils ont fait une superbe saison. Les joueurs que j’ai entraînés ont progressé. Plusieurs sont effectivement reconnaissants, surtout Sunny (Bidaud) et Swafou (Angatahi). Cela dit en passant, je les remercie de m’avoir aidée, par exemple lorsque j’avais besoin d’arbitres pour les matchs de filles.


         Coach ya Mboka  : Revenons aux féminines. Loin de moi est l’idée de remuer les vieilles querelles et de réveiller des rancunes tenaces. J’aimerais avoir ton opinion de la crise qui a traversé la section féminine en 2013, notamment avec le départ de plusieurs joueuses. Parce que tu as été dans la tourmente de cette situation. Quel fut ton état d’esprit à cette époque ? Avais-tu envisagé de partir toi aussi ?

         Nadège : Envisager de partir, non. Par rapport à ce qui s’est passé, j’ai été affectée personnellement, ma petite famille également. Parce que Gérard a été concerné au premier abord, et il en a souffert. Tout n’est pas encore effacé. Pour moi, cette crise est avant tout due à un manque de communication entre les personnes concernées. Il y a eu trop d’intermédiaires déformant les propos des uns et des autres. A cette époque, le but du jeu était de sauver le club le plus structuré de la Vienne chez les féminines. Et beaucoup n’avaient pas perçu ainsi. Cela fait maintenant partie du passé, même si des choses m’ont affectée. J’avais des amies parties qui n’osaient pas m’en parler et me laissaient dans le flou total.


         Coach ya Mboka  : Aujourd’hui, la section féminine commence à remonter la pente. Notre école de foot féminine est complète (toutes catégories confondues) et on nous l’envie. L’équipe 1 senior a même terminé 2è de sa poule, alors qu’en début de championnat la lutte pour le maintien en DH a été hypothétique. A quoi tu expliques une telle évolution et un tel dynamisme pour toute la section féminine ?

         Nadège : J’explique ces résultats par l’investissement des coaches et encadrants qui ont su motiver les plus jeunes. Pour les équipes seniors, on n’a pas beaucoup recruté. Certaines filles sont venues d’elles-mêmes et se sont impliquées. C’est bien le cas de l’équipe 2. Au début du championnat, on a appris beaucoup de choses avec l’intervention de Papa’s (Jean Claude Barrault). Jean Paul (Blot), occupé à ce moment-là, a poursuivi dans le sens que Papa’s, et le résultat s’est fait sentir. Malheureusement il lui a manqué un effectif quantitatif conséquent. Le travail de cette saison a été considérable et positif, comme il a été souligné à cette Assemblée Générale du club. Beaucoup de choses restent à faire et Jean Paul compte travailler dans la durée pour cela.


         Coach ya Mboka  : La saison prochaine est déjà là, parce qu’on est en fin de championnat et on fait aujourd’hui le bilan à travers l’Assemblée Générale du club. Comment tu pressens l’avenir de l’équipe 1 féminine, voire l’équipe 2 ? As-tu des craintes ou de l’espoir ?

         Nadège : J’ai beaucoup d’espoir. On a eu une équipe fanion de qualité qui a assuré le maintien. Pour ce qui concerne l’avenir, les U17 aussi de bonne qualité vont monter. Certaines jouent déjà avec les seniors et apportent du tonus aux équipes 1 et 2. Derrière il y a les U10-U13 qui viennent, et après elles les débutantes (U6-U9). L’important est de savoir les former, les encadrer et les retenir à nous. Je suis optimiste pour l’avenir. 


         Coach ya Mboka  : Le 20 Mars, une soirée avait été organisée entre filles et garçons pour l’unité du club. En fin de soirée, je t’avais approchée pour une interview improvisée. Tu avais dit notamment que lorsqu’on rencontrera les garçons on les reconnaîtra et on échangera avec eux. Depuis ce jour, est-ce que selon toi il y a eu des changements ?

         Nadège : Il y a eu des changements perceptibles. On reconnaît des garçons, on se dit bonjour et on cause. Contrairement à ce qu’a dit Zaza (Sahui) lors de son interview, il y a plusieurs filles qui vont voir jouer les garçons. Peut-être qu’il ne les voit pas parce qu’il joue (Coach ya Mboka a rappelé de façon ironique à Nadège que c’est un Ivoirien). Personnellement, à chaque fois que les garçons jouent et que je n’ai pas de match, je viens regarder leurs matchs (Nadège se fond en rires entre deux gorgées de rosé à la pamplemousse, l’apéro servi après l’Assemblée Générale et «consommé avec modération»). D’autres sont aussi venues aux matchs des garçons, que ce soit chez les jeunes que chez les seniors. C’est vrai que nos différents calendriers ne nous ont pas aidés pour assister aux matchs des uns et des autres.


          Coach ya Mboka  : Mise à part ta formation d’éducatrice de foot, quel est ton cursus scolaire ou universitaire ?

          Nadège : J’ai suivi un cursus scolaire normal, du primaire jusqu’au lycée. Après le bac en Comptabilité (1999), je suis venue à Poitiers poursuivre des études à la Faculté du Sport (STAPS). Après l’échec au DEUG, je suis allée travailler à St-Jean d’Angely en tant que régisseur dans un Cabaret.


         Coach ya Mboka  : Et aujourd’hui, quelle est ton activité professionnelle ?

         Nadège : Depuis 2004, je suis Livreur en Messagerie (TPM Express) dont le siège est à St-Benoît.


         Coach ya Mboka  : Des bruits insistants sont arrivées à mes oreilles selon lesquelles tu as été une intermittente du spectacle, par des animations en tant que DJ. Racontes-nous comment tu opérais pour animer des soirées.

         Nadège : J’ai été effectivement DJ dans une discothèque. Je faisais aussi la comptabilité de la discothèque. Puis j’ai été Régisseur son et lumière, programmation de spectacle à St-Jean d’Angely en 2001. C’est là où j’ai connu Gérard, alors patron de la boîte. J’ai arrêté le cabaret parce que j’étais enceinte, et je suis revenue à Poitiers en 2002 en attendant la naissance de mon fils Mattéo en 2003. 


         Coach ya Mboka : En dehors du foot, de ton activité professionnelle et de ta petite famille, que fais-tu à tes heures libres ?

         Nadège : Je n’ai pas beaucoup d’activités en raison du foot qui me prend énormément du temps. Néanmoins avec Mattéo on va faire du tennis et du vélo. Malheureusement je ne lui consacre pas assez de temps, ainsi qu’à mon mari. Mattéo me le fait souvent remarquer. C’est pendant les vacances que j’ai un peu de temps pour mon fils et Gégé. Lors des vacances je profite aussi pour aller voir des amies qui sont à Thouars.


          Coach ya Mboka  : Nadège, je te remercie de m’avoir accordé ce temps pour cette interview entrecoupée par la nécessité de l’Assemblée Générale du club. Même si on se voit souvent au bord du terrain ou lors des réunions du Comité Directeur, je t’ai longtemps conservée dans le frigo. Parce que je retenais à plus tard ce plaisir d’avoir ce face à face avec toi. Tu es l’une de nombreuses personnes au club que j’apprécie et que j’admire. Ton visage radieux incite à première vue à la sympathie et au contact facile. C’est pourquoi je n’ai eu aucune appréhension pour t’affronter. Avant de nous séparer pour rejoindre les autres qui mangent déjà, aurais-tu quelque chose à ajouter au cas où j’ai éludé certaines questions ? Aurais-tu aussi des messages à adresser à tes coéquipières ou à des personnes qui te semblent chères ?

          Nadège : Même si j’ai déjà évoqué et parlé avant, ma pensée revient d’abord à Gérard et à Mattéo pour leur patience d’accepter ce genre de vie. Je remercie mes coéquipières pour cette saison où on a atteint l’objectif. Je remercie Fabrice et Nadine, avec la «Bande à Fafa», de ce qu’ils font au club. J’ai également une pensée à «Ma copine Cécile», et elle se reconnaîtra. Puis je te remercie Gaspard, toi qui égayes notre quotidien avec tes articles, et pour tout ce que tu fais au club.


          Coach ya Mboka  : Je te remercie encore Nadège. Maintenant on va retrouver les autres, impatients de partager avec nous le repas de fin de saison. Bisous et on se reverra, ici au Clos Gaultier ou ailleurs.


Interview réalisée le 6 Juin 2015

Coach ya Mboka

Présentation de Nadège RABOISSON-GOUDEAU. Joueuse Formée au Fc Vrines et Aujourd'hui à Poitiers 3 Cités Football (86).
Interview réalisé par Ya MBOKA sur le site http://www.es3citesfoot-poitiers.org
ce site a été créé sur www.quomodo.com